Mythologies textiles : le fil d'Ariane

Avant la naissance de Thésée, fils du roi d’Athènes, une défaite contre Minos, le grand roi de Crète, contraint les Athéniens à donner en pâture au Minotaure tous les neuf ans sept jeunes hommes et sept jeunes filles de famille noble.

Une fois adulte, Thésée décide d’être de ce voyage qu’il juge infâme afin de mettre un terme à ces sacrifices d’innocents dans le labyrinthe où vit le monstre mi-taureau mi-homme, né de l’accouplement de Pasiphaé, épouse de Minos, avec un taureau blanc missionné par Poséidon.

C’est à l’arrivée de ce voyage que Thésée rencontre Ariane, fille de Minos, qui s’éprend immédiatement du prince athénien et décide de lui venir en aide : si elle ne remet pas en cause sa capacité à tuer le Minotaure, elle doute en revanche de son aptitude à retrouver la sortie du labyrinthe à la complexité extraordinaire édifié par Dédale, architecte du roi. Avant l’entrée de Thésée dans les méandres de l’édifice, soucieuse de retrouver son amant vivant, Ariane lui remet une pelote de fil dont il attache une extrémité à l’entrée et déroule le reste derrière lui, au fur et à mesure de sa progression. Parvenu au cœur du labyrinthe, où se trouve le Minotaure, il l’affronte et le tue, et parvient à se sortir de ces couloirs dédaléens en suivant en sens inverse le fil qui lui a été remis par Ariane.

Passé depuis dans le langage courant, ce « fil d’Ariane », métaphore empruntée à la mythologie grecque, désigne un fil conducteur, un guide permettant de se sortir d’une situation d’une grande complexité.

On retrouve Thésée, Ariane et leur fil salvateur chez Homère, Ovide, Sophocle, ou Euripide, mais également dans un registre plus contemporain : chez André Gide, qui réinterprète ce mythe légendaire dans son Thésée publié en 1946.

Maître des Cassoni Campana, La légende crétoise en quatre compositions (détail Labyrinthe), 1500-1525, huile sur bois


Author: Angèle Hernu


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